En tant que neurologue, je partage
mon temps entre une activite hospitalière et libérale. Je prends en charge de très nombreuses personnes âgées, notamment atteintes des maladies de Parkinson ou d'Alzheimer. Je suis donc
particulièrement sensibilisée à la dépendance et au handicap.
Qu’en est-il à Bougival ?
Au dernier recensement officiel (1999), Bougival comptait 418 personnes âgées de plus de 75 ans ce qui fait statistiquement au moins une cinquantaine de personne atteintes.
Disposons nous d’assez d’aides ménagères, auxiliaires de vie, aides soignantes... pour assurer le maintien à domicile dans de bonnes
conditions…?
Dès le début de notre mandat, nous nous engageons à réunir tous les acteurs professionnels travaillant dans ce domaine : les connaître, écouter leurs difficultés, quel serait le nombre pertinent d’aides à domicile pour une population comme Bougival... puis étendre ce diagnostic à l’inter-communalité. Les aides ménagères ont un travail très difficile souvent peu valorisé. Elles ne sont pas suffisamment formées à la maladie d’Alzheimer, si particulière. Il est important de le faire car leur tâche est essentielle dans la prise en charge mais aussi dans la prévention : telle personne cuisine au gaz mais n’a plus sa tête…, celle-là se néglige physiquement, garde la nourriture avariée, s’alimente mal...
Nous proposons d’organiser deux fois par an, une réunion avec ces professionnels, l'une avant l’hiver et l'autre avant l’été pour
dépister les gens en grande difficulté.
L’hiver, ces personnes sont elles chauffées correctement ? L’été quelles sont les personnes "à risques" ? La tragique canicule
de 2003 a mis en évidence les défaillances du lien social. N'ayons pas peur d'être innovants : nous solliciterons La Poste pour mettre en place un partenariat afin que le facteur - qui
est souvent la seule personne passant tous les jours au domicile des personnes âgées - puisse signaler des faits anomaux : elle/il n’a pas ouvert ses volets, ne répond pas lorsque l'on
sonne... La solidarité doit être exemplaire notamment l’été quand la grande transhumance
démarre…
Autre réalité sur les aidants (les personnes qui prennent en charge qui son mari, qui sa femme, sa mère…) chiffre émanant de l’HAS : 70% des aidants conjoints, 49% des enfants passent plus de 6 heures par jour pour soigner leur proche atteint de maladie d’Alzheimer. Cela a des retentissements sur leur santé à la fois physique et mentale, ce qui induit une surmortalité chez ces personnes. Nous mettrons en place des réunions d’aidants pour écouter, rompre l’isolement terrible (« je ne sors plus » ou « on ne vient plus nous voir car mon mari/ma femme fait peur») c’est une approche nécessaire pour améliorer le quotidien se passer des astuces, échanger les expériences qui pourraient servir à d’autres…
Enfin nous mettrons en place un atelier hebdomadaire de stimulation intellectuelle, sorte d’"atelier mémoire". Il sera basé sur l’auto-fonctionnement et le plaisir : on ne retient bien que ce qui nous fait plaisir… Chacun pourrait par exemple apporter un article à résumer et à exposer aux autres, lancer une discussion sur une émission de télévision ou un film, un livre…
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