Depuis septembre 2008, on savait Madame le Maire
préoccupée par le hameau Bizet, mais on ignorait ce qu'elle préparait dans le secret de sénacles d'initiés. Les bras nous en tombent.
Les faits
Vendredi 24 avril, ce qui s'apparente à l'unique 'piste' cyclable fréquentée de Bougival, en bordure de Seine, derrière la maison Bizet, vient d'être interdite à tout mammifère omnivore
accompagné de son ami à quatre pattes - même tenu en laisse - ainsi qu'à tout humain juché sur une bicyclette ! On envoie tout ce petit monde vers les trottoirs de la 'délicieuse'
RD 113 (ex Nationale 13), trottoirs qui à cet endroit sont si étroits qu'un cycliste ne peut y croiser un piéton !
Cette double interdiction, qui associe, dans un même rejet, une catégorie d'usagers et une espèce animale, a des relents bien malsains et, au-delà de toute ressemblance, c'est la cohérence de
l'action municipale, qui est ici en jeu.
Bien sûr, cette forte restriction d'accès est signée, sur un panneau très officiel, par "les riverains propriétaires", mais les aménagements en cours (panneaux de déviation pour les
cyclistes, marquage au sol) qui "invitent" les cyclistes et les promeneurs accompagnés à se dérouter vers la RD 113, en disent long sur le soutien de la Municipalité à des particuliers, le
tout aux frais du contribuable...
L'analyse
D'un côté, la Mairie :
- crée un groupe de travail - très actif et volontaire - sur l'environnement et le développement durable, chargé, entre autres choses, d'élaborer une proposition de Charte pour
l'Environnement, incluant parmi ses priorités, de favoriser les circulations douces,
- elle mandate un cabinet spécialisé dans les circulations pour remettre les piétons et cyclistes au coeur de le commune...
et de l'autre, on interdit le passage Bizet aux cyclistes et aux promeneurs accompagnés de chiens !
Où est la cohérence de l'action municipale dans tout cela ? Que se passera t-il si un cycliste, pour ne pas
importuner les piétons sur le trottoir, prend la RD 113 et s'y fait renverser ?
La défense d'intérêts particuliers doit-elle mettre à plat tous les efforts conduits par les municipalités de Nanterre et Rueil Malmaison, de créer avec
Bougival, un axe cyclable intercommunal - et même interdépartemental - le long de la Seine ?
Est-il normal qu'une servitude de passage ancestrale soit ainsi remise en cause dans la plus grande opacité, 'à la va vite' et, faut-il le préciser, au mépris du Conseil municipal
?
Pour information, extrait du projet de Charte pour l'environnement de la
ville de Bougival (élaboré, lui, dans la concertation) :
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Priorité 3 : Améliorer la sécurité et l’agrément des voies de communication et favoriser les circulations douces
Repenser la circulation dans le centre ville et sur les grands axes avec comme objectif de remettre le piéton au centre des préoccupations.
Régler avec les pouvoirs publics le problème du transit des camions par Bougival.
Développer les circulations douces dans le cadre notamment du « Schéma Départemental des Circulations Douces » en Yvelines. |
Bougival Ensemble demande en conséquence à la Municipalité de revenir en arrière dans cette malheureuse affaire et de cesser de faire, dans le dos des Bougivalais, le contraire de ce quelle annonce dans les instances officielles et à longueur de Gazettes...
Deux remarques: "on envoie tout ce petit monde vers les trottoirs du RD 113" dites-vous, mais n'est-ce pas ce qui se passe inéluctablement 200 mètres plus loin et sur plus de 500 mètres ! Je vous renvoie à votre souci de sécurité...
Pour ce qui concerne les chiens et leurs maîtres, souhaiteriez-vous que ceux-ci viennent par dizaines, deux fois par jour, soulager leurs flans alourdis devant le 16 chemin des cotes...
L'action municipale: il me semble que dès lors que l'on aménage un quartier cela profite indiscutablement aux habitants dudit quartier: ici cela concerne tous les habitants de la rue Tourgueneff, coté impair. C'est travestir toute action municipale que de présenter les choses comme vous l'avez fait. Le groupe de travail sur la circulation douce a sûrement de bonnes idées, mais on ne peut envisager de faire passer une piste cyclable dans des propriétés privées. Monsieur, vous bafouez le principe de la propriété privée, un des principes fondateurs de notre République à laquelle, je l'espère, vous êtes attaché.
Vous parlez enfin d'une servitude ancestrale de passage, seul les piétons et les pêcheurs, en dehors des services publics, ont une autorisation de passage... depuis le 31 décembre 2006. Ancestrale dites-vous ?
Pour être constructif, le problème ne se situe pas sur le chemin de halage(sauf à exacerber le caractère envieux de certain de nos concitoyens) , mais au niveau de la RD 113. La création d'une piste cyclable se pose à cet endroit précis, il ne faut pas déplacer la question: c'est en adoptant une attitude responsable, en posant les bonnes questions que l'on fera avancer ensemble les choses.
* Comment faire passer une piste cyclable sur le domaine public, entre le boulevard de Belle Rive à Rueil et le pont de Bougival ?
* Permettre aux propriétaires de chiens, bien que cela soit leur problème, d'assumer leurs animaux sans infester des particuliers ?
* Parler le langage de la vérité:
- le chemin de halage est privé, voir statut des parcelles sur le cadastre.
- lire et comprendre l'article L2131-2 concernant les propriétaires riverains d'un cours d'eau, paru au JO du 31/12/2006.
Je vous remercie de publier cet avis, qui n'engage que moi.
Carmen Bizet.
Bonsoir, 'Carmen',
D'abord merci de votre participation au débat, que je m'empresse de mettre en ligne, comme vous me le suggérez. J'y répondrai, si vous me le permettez, point par point.
Nous ne disconvenons aucunement du fait que les terrain incriminés sont privés ; c'est notamment l'intervention de la municipalité, aux frais du contribuable bougivalais, pour la défense d'intérêts privés, qui nous chagrine.
Quant aux principes de la République, vous tombez bien. Nous y croyons tellement, que nous y consacrons souvent des soirées entières, comme vous le savez, des journées même (les jours d'élections) et le tout sans en tirer le moindre avantage personnel...
Certes, les cyclistes sont amenés, à la sortie du "hameau Bizet", à emrunter la RD 113 (ou à renoncer), au péril de leur vie. Soyez bien certain que nous sommes parmi les plus actifs des Bougivalais à trouver une solution pour qu'ils puissent franchir ce point noir dans une relative sécurité, puisque nous ne cessons de demander à la municipalité de passer la rue Kellner en contre-sens cyclable, ce que chacun pourra vous confirmer. Quel coup porté aux circulations douces, que de les restreindre d'abord ! Et quelle sera la crédibilité de les prôner ensuite ?
Pour ce qui est des chiens, il est vrai que les jolis quartiers sont plus fréquentés que les autres, ce dont nous pâtissons comme vous, et que l'on n'empêchera pas les chiens d'accompagner leurs maîtres. Il est de la responsabilité de ces derniers de les rendre le moins nuisibles possible.
Quant à la loi (n° 2006-1772 du 30 décembre 2006, art. 2 III), nous la connaissons, puisque la voici :
“Les propriétaires riverains d’un cours d’eau ou d’un lac domanial ne peuvent planter d’arbres ni se clore par haies ou autrement qu’à une distance de 3.25 mètres. Leurs propriétés sont grevées, sur chaque rive de cette dernière servitude de 3.25 mètres, dite servitude de marchepied.
Tout propriétaire, locataire , fermier ou titulaire d’un droit réel, riverain d’un cours d’eau ou d’un lac domanial est tenu de laisser les terrains grever de cette servitude de marchepied à l’usage du gestionnaire de ce cours d’eau ou de ce lac, des pêcheurs et des piétons.”
Le piéton est donc libre de tenir, à la main, ce qu’il veut (canne à pêche, panier à roulettes, cabas, vélo ou laisse de son chien)
Les cyclistes ont donc le droit de passer leur vélo à la main.
Dès lors, il suffit aux propriétaires du lieu de changer le bas de leur panneau et d'indiquer : « Les piétons sont priés de tenir leur chien en laisse et les cyclistes leur vélo à la main ».
Tous le feront de bonne grâce ; certains le font même déjà.
Il n’y a plus qu’à retirer les panneaux de détournement puisque celui-ci n’a plus lieu d’être et la commune fera de grosses économies sur l’aménagement de cet improbable voie cyclable ; les habitants du quartier, eux, pourront continuer à se rendre à l’arrêt du bus sans être dérangés par les vélos. Et ainsi :
la loi est appliquée,
la tradition est maintenue,
la sécurité est assurée,
les finances publiques sont épargnées,
la démocratie est respectée,
tout le monde sort la tête haute,
et le problème est réglé "dans l’intérêt de tous".
un passage ininterrompu sur une propriété privée non close pendant 30 ans vaut droit de passage définitif.d'innombrables jugements ont été portés dans ce sens. Or les vélos passent sur ce "quai de hâlage" comme il s'appelait,depuis qu'ils ont été inventés au XIX ème siècle ; il ne reste donc plus aux riverains qu'à inciter gentiment les cyclistes à ne pas rouler trop vite :
"attention aux enfants" par exemple
Ce que vous dites là corrobore les informations que j'avais. Votre conclusion me semble empreinte de sagesse.
J'admire votre candeur teintée de naïveté quant à la nature de nos concitoyens. Un chien tenu en laisse ne ferait-il pas ses besoins ? Un passionné de VTT, son chronomètre en marche, mettrait-il pied à terre ? Qui fera respecter votre beau principe, car contrairement à ce que vous pensez, tous ne le feront pas de bonne grâce ? Il suffit de voir les dégradations de matériel public qui ont eu lieu hier soir entre 21h et 23h. Il ne faut pas encourager ce type de comportement que je souhaite vous fermement condamner.
Quand je lis le texte du JO, je lis : piéton, et rien d'autre. Si je me réfère à la définition du dictionnaire de la langue française, le piéton est celui qui se déplace à pied, mais pas avec sa caravane... Sinon on peut tout mettre entre les lignes. Donc les cyclistes n'ont pas le droit (mot inopportun en l'espèce: quand on va chez quelqu'un c'est que l'on a une autorisation) de passer avec leur vélo à la main. Pour les chiens et leurs maîtres, ce n'est pas tant le promeneur qui fait une longue promenade avec son chien et qui peut dès lors lui faire faire ses besoins dans les endroits réservés à cet effet. Il s'agit des propriétaires des chiens des résidences, voir quelques autres, qui n'ont que cinq minutes deux fois par jour et qui utilise le chemin comme lieu d'aisance pour leur progéniture canine !
Je réfute donc votre application de la loi.
Je réfute le terme de tradition: avant 2006, les seuls gestionnaires des cours d'eau et les pêcheurs étaient autorisés.
Je réfute votre conclusion concernant la sécurité, le problème restant entier sur le point noir évoqué plus haut.
Quant au reste, je ne me risquerais pas à intervenir sur ces terrains, c'est par trop teinté d'électoralisme.
Bien à vous,
Carmen Bizet.
Ce qui est en jeu ici, nous semble t-il, c'est de ne pas porter de coup à une tradition séculaire qui va dans le sens de l'intérêt général. Ce sont 2 x 200 mètres (aller et retour) aujourd'hui, mais qui permettront ensuite de rallier le centre ville via la rue Kellner en contre-sens cyclable, ce que la loi prévoit à compter de juillet 2010 (pour les Zones 30, ce qui est le cas de cette rue).
Nous comprenons votre emportement face aux agissements de certains cyclistes "contre la montre" et des maîtres de chiens qui utiliseraient ce chemin comme canisette. On peut stipuler des premiers qu'ils descendent de bicyclette, quant aux seconds, nous proposons de les détourner de ces terrains via des équipements municipaux ad hoc avant l'entrée du chemin côté Bougival.
Pour ce qui est de la définition du piéton et de celle de la tradition ou de l'usage, je vous renvoie au commentaire du Picador...
Quant à votre dernière remarque, elle est hors sujet.
Nous sommes prêts à participer à un débat public sur le hameau dit "Bizet", sans le confort de l'anonymat. Dommage que notre point de vue n'ait pas été sollicité dès le départ, lors de la réunion d'octobre 2008. Un peu de bonne volonté de part et d'autre suffirait en effet à calmer des tensions bien inutiles.
Cordialement
Je propose une pétition et faire monter un site en ce sens.
Le tout sans faire aucune politique locale n'étant pas de Bougival.
Je vous tiendrais informés dès sa mise en ligne.
Cordialement
Merci de la diffuser à vos amis, sympathisants et plus généralement à tous ceux qui défendent la liberté de circuler.
Et que les habitants du Hameau Bizet comprennent bien qu'ils font le mauvais choix. C'est en militant pour l'aménagement de la D113 qu'ils auront la "paix" et non en frustrant leurs "voisins".
Le long de la Seine, je promène mon chien tenu en laisse évidement, un gros chien , je ramasse TOUJOURS ses déjections (il ne fait que herbe, jamais sur le trottoir), et le fait uriner uniquement sur des troncs d'arbre : c'est une question d'habitude pour lui qui ne lui pose aucun problème et une question de civilité pour ma part...(à ce propos, je dois bien être la seule à le faire....)pour les cyclistes, qu'ils mettent le pied à terre aux endroits étroits et voilà ! Laissons la priorité aux poussettes quand nous les croisons : le respect et le sourire de chacun , ce n'est quand même pas compliqué même si cela parait utopique en 2010...J'habite à Bougival depuis 23 ans, et pas l'intention d'en partir...
Bien amicalement
catherine
Merci de votre commentaire, Catherine.
Nous sommes bien d'accord avec vous.