Site de la liste de gauche de Bougival
La mobilité, on en parle beaucoup, en France, avec le Grenelle de l'Environnement, en Ile de France avec l'arrivée à saturation de ses réseaux de transport en commun et dans notre Communauté de communes en particulier. Celle-ci est en effet entravée par ses problèmes permanents de transit d'automobilistes et de poids lourds. Bougival "porte sa croix", celle que constitue la RD 113 d'est en ouest et la RD 321 du nord au sud, et a sollicité les services d'un cabinet spécialiste de la mobiité.
Dans ce contexte, il nous semble essentiel de vous faire partager cette excellente contribution d'un Bougivalais passionné et expert des questions de mobilité, contribution que nous partageons !
Désormais la convergence de signaux forts nous oblige à examiner, sans plus tarder, les moyens de prendre le virage de la mutation énergétique dans son aspect le plus crucial : celui des déplacements en zone urbaine. C’est un thème local majeur avec l’étude PLD (Plan locaux de déplacements) de la CCBS (Communauté de communes des boucles de la Seine)
Il n’est plus possible d’oublier les risques de notre surconsommation de carburants sachant que 97% de l’énergie commerciale utilisée pour nos déplacements vient des produits pétroliers. Ce taux de dépendance est un risque géopolitique majeur pour notre économie si on ne s’y prépare pas. Dans la lettre du CADEB (Collectif d'Associations pour la Défense de l'Environnement dans la Boucle de Montesson N° 12, Nov 07), nous interpellions déjà les candidats aux municipales sur ce risque bien documenté. Depuis, les alertes se sont renforcées et ont été transmises au plus haut niveau de l’Etat. Ainsi Claude Mandil - ancien directeur de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) - écrivait dans son rapport d’Avril 2008 au Premier Ministre pour la présidence française de l’U.E. « Sécurité énergétique : quels sont les risques ?» : « Il est admis que la production mondiale aura du mal à dépasser les 100 millions de barils/jour alors que la prolongation des besoins tendanciels conduit à une demande d’environ 120 millions b/j en 2030. Le risque existe donc que le monde connaisse une crise pétrolière très sérieuse au cours de la prochaine décennie, avec des prix extrêmement élevés ».
Dans la lettre du CADEB (N° 14 de Juin 2008, article paru aussi dans la revue Liaison d’Ile de France Environnement de Sept 08), consacré à la pollution de l’air par l’automobile, nous avions cité ce propos de la secrétaire d’Etat à l’écologie Nathalie Kosiuscko-Morizet qui s’exprimait à propos des agrocarburants lors de la crise alimentaire : « 800 millions d'automobilistes sont en train d'affamer 2 milliards de pauvres, peut-on se le permettre ?»
Désormais des moyens existent : réglementaires avec la création des zones de rencontre mais aussi –malgré la crise actuelle– des moyens financiers avec la nécessité d’alléger la facture des importations pétrolières mais aussi le budget des ménages.
DE LA VOIRIE POUR TOUS A LA ZONE DE RENCONTRE
Après bien des débats, de nouvelles règles se dessinent pour une vie plus urbaine
Dans la zone de rencontre, la vitesse est limitée à 20 km/h et les piétons sont autorisés à "circuler" sur la chaussée (c'est-à-dire y marcher longitudinalement) alors que dans une rue normale, y compris zone 30, les piétons peuvent "traverser" la chaussée mais pas circuler longitudinalement.
Dans les zones de rencontre comme dans les zones 30, la règle générale est que "toutes les chaussées sont à double sens pour les cyclistes sauf dispositions différentes prises par l’autorité investie du pouvoir de police", c'est-à-dire que les rues à sens unique sont autorisées dans les deux sens pour les cyclistes.
LE « POOL » AUX OEUFS D’OR (NOIR)
Une fois les illusions dissipées sur une substitution aisée du pétrole (miracle de la nature ne coûtant pas plus de 0,5 Euros, HT, par Kg) pour la production de carburants (faciles à stocker et concentrés en énergie), il nous faut bien songer aux actions les plus pertinentes pour les années à venir. La frugalité vient en tête depuis l’émergence d’une prise de conscience forte chez les élus et dans l’administration ; elle devrait grandement faciliter la mobilisation de ressources financières pour les infrastructures (Transports en Commun, aménagements urbains pour piétons et personnes à mobilité réduite, pistes cyclables ou ‘véloroutes’ et voies vertes )
L’argument facile « les caisses sont vides » ne tient plus dès qu’on réalise que chaque année nous importons en France plus de 50 millions de tonnes de pétrole pour le seul secteur des transports. Un objectif aisé d’économiser 5 millions de tonnes de carburants représenterait une valeur de 4 milliards d’euros par an de carburants qui n’auraient plus à être importée ; valeur qui est une pseudo-taxe extérieure prélevée sur notre PIB. A ce niveau c’est encore plus qu’il est possible d’investir chaque année avec d’autres retombées (pollution, émissions de CO2, etc…).
Enfin les comportements citoyens à soutenir peuvent trouver de financements d’infrastructure grâce aux contributions financières de ceux qui refusent de faire des efforts de frugalité énergétique. Les écotaxes, taxe carbone et autres bonus/malus sont des pistes à perfectionner pour cet objectif de cercle vertueux des économies de carburants.
On ne peut tolérer le concept de « pool », défendu par le lobby automobile, où le malus doit nécessairement aller à d’autres automobilistes sous forme de bonus. La récente initiative des députés pour financer 2000 km de voies ferrées grâce à la nouvelle taxe sur les camions paraît bien plus novatrice.
Si le Grenelle de l’Environnement a fait avancer la réflexion des décideurs, celle-ci est loin d’être aboutie. L’Etat a bien décidé d’investir 400 millions d’Euros en R&D pour la voiture propre. Cependant, en même temps, trop de régions françaises qui commandent aujourd’hui du matériel ferroviaire – à livrer en 2012 – veulent des rames sans place pour les vélos. Pourtant l’alternative la moins coûteuse à la voiture – polluante et gourmande en pétrole – c’est l’intermodalité train/tram + vélo.
EN CONCLUSION, UN EFFORT PARTAGE EST NECESSSAIRE
Notre mobilité en zone urbaine doit - comme l’Union Européenne, le gouvernement et les régions l’ont reconnu - se déplacer, au plus vite, vers les transports en commun et les circulations douces. L’espace urbain se dégagera, la pollution se réduira de même que la forte part du budget des ménages consacré à la voiture (investissement, entretien, parking et carburants évalués à 445 Euros par mois par les ACF). Avec une « voirie pour tous » on appliquera mieux, pour nos déplacements, notre devise républicaine :
LIBERTE de choisir, en toute sécurité, notre mode de déplacement
EGALITE & FRATERNITE en laissant le pétrole pour les déplacements spécifiques ou autres usages de ceux auquel il est indispensable.
Jean-Pierre Jonchère, Chargé de mission « Energie » au CADEB, membre de RV 78, qui pourrait résumer par :
« Avec ce que les bougies valent ; mettons fin aux économies de bouts de chandelle ! »